RIARC/FES 2023 Les assises se sont déroulées du 27 au 28 avril 2023 Seydou Sissouma nous livre les tenants et les aboutissants de cette Rencontre. Ses propos sont recueillis par la cellule communication de la HAC.
Le Président de la Haute Autorité de la Communication à la tête d’une délégation de 2 membres de la HAC Seydou Sissouma ,président de la commission coopération et partenariats et Aboubacar Bani ZAN président de la commission des affaires juridiques s’est rendue au Maroc pour une conférence du RIARC, le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication.
C’est l’instance qui fédère toutes les Hautes Autorités quelle que soit leur dénomination.
Le RIARC est présidée par Latifa Akharbach Présidente HACA Maroc,
la Côte d’Ivoire en assure la vice-présidence, le Secrétariat Exécutif est dirigé par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la communication du Bénin en la personne de son président Rémi Moretti.
La rencontre de FES au Maroc portait sur un thème extrêmement important à savoir le dialogue entre les Régulateurs Africains et grandes plates-formes numériques comme Méta, le nouveau nom de Facebook, TikTok, Instagram, Twitter, tout ce qui fait vivre les réseaux sociaux dans le monde.
Ces réseaux sociaux contribuent à démocratiser l’accès à la communication, l’accès aux sources d’information et à donner même la possibilité aux citoyens de trouver de canaux d’expression pour dire ce qu’ils pensent de la vie, de la marche du monde, de leurs pays .
Malgré ces constats positifs souligne Seydou Sissouma, sont parfois à la mesure des excès, des dérives souvent extrêmement graves qui se passent sur ces mêmes réseaux sociaux qui peuvent revêtir le manque de courtoisie, de respect jusqu’aux appels à la violence, à la haine, un ensemble de choses qui compte tenu de leurs impacts peuvent avoir des conséquences parfois incommensurables surtout dans des environnements fragiles, vulnérables.
A FES, il s’agissait de s’interroger avec les Grandes plateformes sur les voies et moyens, en lien avec les Régulateurs, de bâtir « un espace numérique de confiance « . La rencontre du RIARC intervient dans un contexte marqué par des tentatives à l’échelle mondiale de fixer des règles (même minimales) pour les Réseaux sociaux. Ces dispositions sont souvent relatives à des mesures d’âge, aux conditions d’accès à certains contenus en ligne. Le dialogue entre Régulateurs et Grandes Plateformes vise à harmoniser les visions sur les bonnes pratiques dans l’usage des réseaux et à réduire l’impact des mauvaises.
Pour les médias traditionnels, il existe des mécanismes de régulation (encouragements et sanctions) que les Autorités en charge peuvent exercer de bout en bout.
Lorsque des excès sont commis sur les réseaux sociaux et qu’un Régulateur décide de prendre une sanction elle n’est pas applicable tant qu’il n’a pas d’accord avec la plate-forme qui abrite ces contenus.
D’où la nécessité d’établir dans le respect de la liberté d’expression un dialogue pour apprécier la perception commune de l’acte qui est réprouvé.
Il a beaucoup été question aussi à FES de dire aux plates-formes » mettez en place des dispositifs où d’abord il est possible de dialoguer en identifiant des interlocuteurs » .
C’est un dialogue tout à fait nouveau.
Pendant longtemps, tout le monde est passé à côté des réseaux sociaux .
Aujourd’hui eux même sont d’accord qu’il faut faire en sorte que les réseaux sociaux soient des espaces de confiance, des espaces de respect et des espaces de courtoisie.
Parce que si un réseau social est infesté par la violence, les pratiques qui heurtent le commun des mortels, ils finiront par le déserter au profit d’autres plates-formes ou le débat est plus sérieux et courtois.
Les Présidents des Instances ont 48 heures durant animé des panels sur les enjeux des relations avec les Grandes plateformes, sans oublier chacun de
présenter brièvement la situation dans son pays et le regard que nous avons sur l’état actuel des réseaux sociaux, leur évolution et les partenariats possibles avec les plates-formes numériques.
Le Président de la Haute Autorité de la Communication HAC Gaoussou Coulibaly a abondé dans ce sens là, sur les évolutions devenues nécessaires en matière de régulation, les questions sur les réseaux sociaux.
Un des axes importants qu’il a développé. c’était de tenir compte du fait que la population africaine étant très jeune, c’est eux, l’avenir des réseau sociaux.
L’âge moyen de l’internaute africain est de 19 ans.
Les Plateformes Méta (Facebook) et Tiktok qui étaient représentés à un haut niveau à la conférence ont admis la nécessité d’établir des relations plus suivies avec les Régulateurs africains.
Ils ont insisté sur les mesures prises en leur propre sein en termes de modération algorithmique ou humaine pour combattre les excès. Le Dialogue avec les Régulateurs africains peut renforcer ces acquis. Ils ont mis aussi l’accent sur la nécessité que ce Dialogue ne soit pas une suite de discussions et d’initiatives avec 54 pays différents mais une dynamique régionale ou sous-régionale réunissant plusieurs pays qui définissent des lignes de débats et s’harmonisent leur vision.
Les représentants des Plateformes ont affirmé l’importance des modèles économiques de leur business (le maximum d’utilisateurs pour des recettes publicitaires conséquentes) mais ils s’accordent pour affirmer que les valeurs (humaines) doivent primer sur les considérations économiques. Les conclusions de Fès doivent servir de base à la suite du Dialogue entamé entre Régulateurs africains et Plateformes numériques.

